charles Accro


Inscrit le: 25 Fév 2005 Messages: 994 Localisation: Le Perreux (94)
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Posté le: Lun Juin 27, 2005 3:31 pm Sujet du message: Le point sur nos forêts |
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FRANCE
La forêt a eu chaud
Nos arbres sont-ils menacés ? Après la tempête de 1999, les conséquences de la canicule de 2003 se manifestent aujourd'hui. Et pour les années à venir. Par Richard Le Ny
On se souvient encore de ces images où le chêne tricentenaire de Marie-Antoinette a dû être abattu, un an et demi après le coup de chaleur.
AFP.
Il vivait en dehors des chemins forestiers, il n'avait jamais vu l'ombre d'un bûcheron, ce grand chêne fier sur son tronc. Mais, n'en déplaise à Brassens, c'était bel et bien un arbre de métier.
Depuis trois cent vingt-quatre ans, il défiait le temps et les intempéries, pour le seul agrément des visiteurs du parc du château de Versailles. Le chêne de Marie-Antoinette, qui dressait fièrement ses 35 mètres et affichait un tour de taille de 5,50 mètres entre l'allée de la Reine et le Grand Canal, n'est plus. Le 9 février 2005, deux géants d'acier, deux tracteurs forestiers l'ont couché sur le sol. Mort, mais toujours debout.
Les médias en ont fait, un peu hâtivement peut-être, la dernière victime végétale célèbre de la canicule de l'été 2003. Achevé par la canicule sans doute, mais très certainement affaibli, malade d'autres stress.
Peut-être de la tempête de décembre 1999 à laquelle il avait pourtant survécu. Car les chênes sont forts comme des chênes et ses congénères des forêts n'ont pas (encore ?) payé, eux, leur tribut à la canicule.
D'après le Département santé des forêts du ministère de l'Agriculture, ils sont même actuellement sous haute surveillance car, après avoir laissé quelques feuilles roussies dans la bataille, ils risquent, dans les mois ou les années à venir, de montrer des signes de faiblesse, voire, pour certains, de mourir.
Les arbres ne vivent pas dans la même échelle de temps que nous. Et toutes les espèces n'ont pas été affectées de la même façon. Les premières victimes, dès 2003, ont été les pins de Douglas, gourmands en eau.
Des géants végétaux ont ainsi roussi et séché, parfois en quelques jours, morts de soif. Les feuillus ont mieux résisté, roussissant partiellement, ou perdant leurs feuilles. Quelques-uns sont morts, secs comme du vieux bois. Mais pour la plupart d'entre eux, il s'agissait d'une stratégie de survie, la perte des feuilles leur permettant de préserver d'autres organes plus importants, comme les canaux qui permettent la circulation de la sève.
Une sorte d'automutilation «volontaire». Reste à savoir si certains, qui ont gaillardement reverdi au printemps 2004, n'ont pas été victimes d'une embolie : une bulle d'air dans les canaux du bois, que l'arbre ne pourra jamais réparer. Seule l'observation et le suivi méticuleux des populations d'arbres, par plus de 200 techniciens forestiers répartis sur le territoire, permettra de dresser un bilan de la canicule.
Si d'autres épisodes de sécheresse ne se produisent pas, ce bilan ne pourra être considéré comme définitif que dans plusieurs années.
Car le mal appelle le mal : en 2004, ce fut au tour des épicéas, nos braves sapins de Noël, de mourir en nombre, victimes indirectes de la canicule de 2003 et de la tempête de 1999. |
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