wydook66 Administrateur - Site Admin

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Posté le: Dim Déc 26, 2004 7:47 pm Sujet du message: Dangers climatiques |
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IL Y A CINQ ANS, à quelques heures d'intervalle, deux ouragans "exceptionnels", selon Météo France – Lothar et Martin –, semaient la terreur et la dévastation en France et en Europe. Leur violence, leur simultanéité, l'ampleur des dégâts, la surprise générale face à un tel déchaînement avaient créé un traumatisme qui n'est pas près d'être oublié, mais qui a contribué à accélérer une prise de conscience.
En 1999, le débat sur le réchauffement climatique faisait encore rage. Certains scientifiques y croyaient, d'autres non. Aujourd'hui, personne ne sait dans quelle mesure Lothar et Martin sont les dérivés de ces dérèglements. Mais il est maintenant admis que le climat se réchauffe de façon accélérée et que les activités humaines expliquent, au moins en partie, cette évolution. Et, grâce à Lothar, Martin, puis à la canicule de 2003, moins spectaculaire mais bien plus meurtrière, les Français ont mieux compris ce que signifiaient les modèles climatiques de plus en plus précis qui prévoient, en lien avec le réchauffement, une multiplication de tels épisodes.
Dès lors, deux défis sont lancés aux décideurs politiques. Le premier est celui de l'instauration de mesures de précaution. En 1999, Météo France n'avait pas anticipé la dangerosité des ouragans et, en 2003, les pouvoirs publics ont montré de graves défaillances face à la canicule. Depuis, de multiples améliorations ont été introduites : modèles prévisionnels plus fins et multiplication des dispositifs d'alerte météo, qu'il s'agisse de tempêtes, d'orages, de canicule ou des grands froids. Mais cet arsenal reste perfectible : après diverses "alertes orange", la brève tempête qui a soufflé sur le nord de la France le 17 décembre, faisant six morts, a surpris par sa violence. Entre la volonté, compréhensible, de Météo France, de se mettre à l'abri des reproches et le manque d'attention né d'alarmes fréquentes, et parfois sans objet, une meilleure efficacité reste à trouver.
Le second défi est d'une tout autre ampleur. Il s'agit sinon d'inverser le phénomène – il est sans doute trop tard –, du moins de tenter de le freiner en limitant les émissions de gaz à effet de serre. Là encore, la prise de conscience a été lente et n'est toujours pas achevée. Face à certaines réticences et au poids des lobbies, la France, comme d'autres, a du mal à mettre au point une stratégie cohérente. Mais du moins essaye-t-elle.
La ratification par la Russie du protocole de Kyoto, qui permettra à celui-ci d'entrer en vigueur en février 2005, a représenté une nouvelle étape dans le bon sens. Mais les Etats-Unis, principaux émetteurs de gaz à effet de serre, refusent toujours de joindre leurs efforts à ceux des autres pays développés. Ils ont pourtant également été victimes cet été d'intempéries exceptionnelles.
Les pays du Sud devront, eux aussi, comprendre que leur développement ne peut pas se faire au prix d'une catastrophe climatique dont certains commencent déjà à souffrir. Combien de Lothar et de Martin faudra-t-il pour que chacun prenne la mesure de l'urgence ?
Source: lemonde.fr |
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