Damien09 Administrateur - Site Admin

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Posté le: Sam Jan 15, 2005 1:50 pm Sujet du message: Les vents de sable sahariens modifient les orages de Floride |
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Les vents de sable sahariens modifient les orages de Floride
La huitième étape du rallye-raid Dakar 2005 a été annulée, vendredi 7 janvier, à cause des vents de sable qui empêchaient les hélicoptères de voler. Le 10 janvier, après cinq jours d'interruption pour les mêmes raisons, le trafic aérien a pu être rétabli au Nigeria : d'épais nuages de poussières, venus du Sahel et du Sahara, avaient réduit la visibilité à 200 mètres.
Mais ces tempêtes qui balaient régulièrement le plus grand désert du globe peuvent faire sentir leurs effets à distance. Il arrive que ces vents traversent la Méditerranée, et même l'Atlantique, pour déposer leurs particules de silice à des milliers de kilomètres de leur point d'envol. Ces déplacements d'aérosols ne sont pas sans effet sur la météorologie, et peut-être même le climat. C'est la conviction que Susan van der Heever et son équipe de la Colorado State University, à Fort Collins, ont exprimée, mardi 11 janvier à San Diego, lors de la conférence annuelle de la société américaine de météorologie. La chercheuse a en effet constaté que ces nuées poussiéreuses affectaient directement les nuages d'orage survolant la Floride.
NOYAUX DE CONDENSATION
Son équipe se fonde sur des observations conduites les 28 et 29 juillet 2002 par la NASA au-dessus de cet Etat, lors d'une campagne d'étude des cirrus, mais aussi des cumulo-nimbus tropicaux, ces nuages formés lors des orages. Durant ces deux jours, une concentration inhabituelle de poussières d'origine saharienne a été mesurée au cœur de ces nuages, grâce à des avions de recherche.
En comparant ces données à celles enregistrées un jour où l'air était "clair", l'équipe de Susan van der Heever a procédé à des modélisations et a constaté que l'"enclume" qui forme le sommet de certains cumulo-nimbus d'orage était plus dense, mieux organisée, et laissait moins passer la lumière solaire. La présence de ces poussières réduisait aussi les chutes d'eau au sol.
L'explication de ce dernier phénomène réside dans le fait que les poussières servent de noyaux de condensation autour desquels les particules d'eau s'agrègent pour former des gouttelettes, celles-ci se combinant pour former des gouttes qui tomberont au sol. Elles peuvent aussi être le précurseur de cristaux de glace.
Une partie de la vapeur d'eau parviendrait dans un premier temps à se condenser sur de grosses particules et sous forme de glace pour engendrer des chutes de pluie. Mais ensuite la grande concentration d'aérosols de faible taille réduit la part d'eau disponible sous forme de vapeur susceptible de se condenser sur chaque noyau. La conséquence en serait une réduction de la taille des gouttelettes, qui ont alors moins de probabilité de former des gouttes d'eau. Le bilan de ces deux effets antagonistes serait une réduction des précipitations arrivant au sol.
Pour Slimane Bekki, du service d'aéronomie du CNRS, ces travaux s'ajoutent à un nombre croissant d'études visant à cerner le rôle des aérosols dans la vie des nuages et, par ricochet, dans l'évolution du climat. "Il s'agit de phénomènes dynamiques, extrêmement complexes, non linéaires, marqués par des effets de seuil, indique-t-il. Le rôle des aérosols constitue une des grandes faiblesses de la compréhension des phénomènes atmosphériques." Si l'on considère que la moitié des aérosols pourraient être d'origine humaine, il devient crucial de combler cette lacune.
Hervé Morin |
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